ARCHIVES

2018-2017



Entre temps (after Le déjeuner sur l'herbe by Manet), oil on paper, 42x30cm, 2018






"Die Eule", up: oil on wood, 30x18cm, below: acrylic on paper, 30x26cm, 2018





Group exhibition at the galerie Pascal Gabert, Paris
26 may - 24 july 2018
www.galeriepascalgabert.com


(serial blanc rouge bleu), acrylic on paper, 24x32cm





Quatre autoportraits au miroir,  30x40cm, Öl auf Leinwand, 2018















Slendid Isolation, avril 2018, group exhibition, Bethanien Berlin

to see more:

www.splendisolation.blogspot.com




Kepler, 170cm Durchmesser, Acryl und öl auf Leinwand, 2018







o.T., 85cm Durchmesser, Öl auf Leinwand, 2018




L'étendue et l'accident, avec Mathias Wild, mars 2018, galerie Albert Dumont, Bruxelles





Le rond en question

     Clipeus, oculus, stèle, vignette, mandorle, sphère, sorcière, miroir, camée, médaillon, etc., du sarcophage au bouclier, ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on peint sur des disques. Issu du verbe tondi, couper, découper, tondre, le tondo, dégradation de rotondo (rond), semble s’orienter culturellement et historiquement vers l’allégorie ou la parabole, l’image, le reflet. La "lunette", en effet, unit le plus trivial à l’astre le plus proche. Des paraboles, on en voit souvent, plantées sur les balcons des immeubles. Blanchâtres, aveugles, concaves et toutes orientées vers une mecque de l’info, elles recueillent, concentrent et transmettent à l’intérieur du son et des images, sur des écrans rectangulaires, c’est à noter. On pourrait être tenté d’en déduire que la parabole est une loupe doublée d’un miroir destiné à refléter l’ailleurs et parfois l’envers du décor, comme dans le cas de certains tableaux flamands par exemple. Ceci sans aborder sa dimension idéologique moraliste, memento mori, etc. Le tondo actuel se fait-il encore l’écho de quelque chose : pourquoi peindre des tondi ?

     — D’abord parce que dans ce cas le regard ne rencontre pas d’angle ou de bord stable, horizontal ou vertical, qui lui permettrait de se poser, de se reposer, de s’encadrer. Dans le cas d’un rectangle ou d’un carré, l’orthogonalité des limites accentue et rigidifie la bande ou la ligne peinte, ce qui gêne le geste, bloque le travail et la "légèreté" du résultat. De plus, que ce soit avant, pendant, ou après la réalisation ce cadre pousse à porter sur la toile un regard comparable à la lecture d’une page écrite : de gauche à droite et de haut en bas. J’y vois également un problème d’accrochage et de présentation en ce sens que la toile carrée ou rectangulaire reproduisant globalement le format d’un mur se heurte à l’espace de celui-ci et s’y inscrit d’une manière presque forcée. C’est une interruption de l’espace plus qu’une inscription dans celui-ci, un obstacle, que ce soit sous la forme d’une concordance trop rationalisée ou sous celle d’une concurrence inappropriée. Ceci sans compter que les angles, en accentuant la sévérité des horizontales et des verticales, focalisent le regard et le maintiennent dans un cadre, et non à la surface de la toile. C’est ce qui m’a mené au tondo dont le caractère circulaire permet d’éviter ces inconvénients. L’œil va et vient, accomplit des retours et des détours, cherche à rétablir une stabilité. La peinture ronde se dérobe à la logique d'une "toile à l'endroit". Le centre pourrait bien sûr fournir un point d’ancrage en distribuant tout autour de lui des parties, des surfaces et des couleurs distinctes, des quartiers d’orange, une direction claire et un sens persistant, mais je crois que mon travail met en péril ce point d’ancrage sans le renier complètement, en lui attribuant une fonction autre que celle d’un clou destiné à fixer les choses une bonne fois. Par contre, à chaque toile est attribuée une position précise, fixée, il est hors de question de les montrer d’une manière et puis d’une autre, de les faire tourner à son gré selon les expositions, c’est une question de mécanique : une peinture, c’est comme un moteur, un moteur sophistiqué : une fois qu’il est au point on ne se mêle pas d’intervertir les fils. Le tondo, je l'envisage d’abord comme un espace creux. Il s’agit tout à la fois de creuser la surface et de la maintenir. C’est comme un trou qui pourrait tout à la fois surgir du mur et le creuser, manifester l’intérieur, l’arrière, l’extérieur, voire l’au-delà de la paroi contre laquelle la toile est placée. Tout cela reste un peu métaphorique. Cela fonctionne un peu comme un œil-de-bœuf, mais celui-ci nous manifeste et nous représente un dehors dépourvu de lien avec l’existence concrète du mur. Le dehors n’a sans doute pas besoin du mur pour exister, quoique, qu’en serait-il d’un dehors s’il n’existait pas un intérieur d’où l’on puisse le percevoir ? Bref, il ne s’agit pas dans mon cas de recréer, de représenter un extérieur imaginaire, mais de rendre tangible et perceptible ce lien entre les parties en présence et en absence. La toile peinte serait non pas un écran, mais une percée destinée à révéler ce qui à force d’être vu, donc à force de ne plus être vu, n’est plus visible. Ce qui est amusant, c’est que la forme ronde placée dans l’espace blanc, potentiellement infini, d’un mur d’exposition, favorise l’analogie du tondo et de la planète. Dans ce va-et-vient croisé du regard du peintre et de celui du visiteur, le travail de ces lignes et de ces bandes, leur entrecroisement ou leur disjonction favorisent la transparence et la profondeur non perspective, c’est-à-dire l’espace, le lointain. En renversant les choses, on pourrait dire aussi que le tondo reflète le monde, vu de très loin.

Michel Carmantrand / Laurence Grave








 
À propos de la peinture de Laurence Grave


     Les toiles de Laurence Grave relèvent à première vue du Formalisme analytique. Des lignes peintes à l’acrylique traversent l’espace de la toile… mais la quittent ; et bien que l’observateur puisse reconnaître un motif, toute tentative de déceler un système lui est refusée dès le début, cette manière de procéder ayant pour conséquence de donner l’impression que les espaces représentés dépassent le format du tableau. Ses couleurs, leur emploi, ainsi que le choix de formats différents favorisent cette extension de l'espace. Par ailleurs, l’emploi de châssis ronds supprime complètement la limitation du format de l'image, et cette extension spatiale perceptible — qui ne permet plus de se raccrocher à une forme enfermée, définie — suggère la possibilité d’une constellation mentale et formelle agissant entre construction et déconstruction. C’est cette tension qui défie le visiteur et provoque chez lui ce que l’on appelle l’abstraction. Il s’agit là d’une œuvre complexe, toujours ouverte, dont l'appréhension requiert un silence doublé d'une observation minutieuse.

Frank Campoi
traduction Michel Carmantrand






Presse: La Libre Belgique, article de Roger-Pierre Turine









3 tondi, o.T., 100cm Durchmesser, Acryl auf Leinwand.
Objekt: "die Eule",  Öl auf Holtz, 30cm, 2018


















"Sept éléments au bord du lac" (IV), 3 variations












Exhibition at Bethanien, Berlin, sept 2017


"Sept éléments au bord du lac"II (Group exhibition "his Story stories", Bethanien Berlin, sept 2017) hisstorystories.blogspot.de

Cette installation, composée d'un tondo et d'objets en bois peint, est le début d'une série consistant à réunir sept éléments dont le nombre reste invariable. Le titre de cette série "Sept éléments au bord du lac" restera lui aussi inchangé.
 Accompagnés d'une peinture sur toile, ou pas, ces objets sont interchangeables et peuvent servir à d'autres assemblages.
 Il s'agit avant tout de réaliser une peinture qui aurait pour propriété de se déployer hors des limites de la toile.
 La toile elle-même peut être regardée comme contenant des parties des éléments ayant servis à la construction des objets.
 De même, les objets ne se perçoivent plus comme objet, mais comme assemblages colorés aux divers contours.

  Diese Installation, bestehend aus einem Tondo und bemalten Holzobjekten, ist der Beginn einer Serie, die aus sieben Elementen besteht, deren Zahl unveränderlich bleibt. Der Titel dieser Serie "Sieben Elemente am Rand des Sees" bleibt auch unverändert.
 Begleitet von Malerei auf Leinwand, oder nicht, sind diese Objekte austauschbar und können für andere Assemblagen benutzen werden.
 Es ist vor allem, ein Gemälde zu verwirklichen, das das Eigentum haben würde, außerhalb der Grenzen der Leinwand einzusetzen.
 Die Leinwand selbst kann als Bestandteile der bei der Konstruktion der Gegenstände verwendeten Elemente betrachtet werden.
 Ebenso sehen sich Objekte nicht mehr als Objekte, sondern als farbige Assemblagen mit unterschiedlichen Konturen.










  
I paint this picture last year and the 7 following ones were ordered this year. I had to keep the same tint and the same "Duktus".
Untitled, D55cm,  oil on canvas, 2017






















Exposition avril 2017, atelier Stefan Schröter







 





           

"Sept éléments au bord du lac", 2017. Bois peint à l'huile, dimension variable.